De l’utilité de mettre en œuvre un management de la prévention des risques professionnels

Rédigé par Xavier JORON, Consultant en prévention et conditions de travail
Jeudi 19 Février à 10:57

Depuis de nombreuses années, les collectivités et établissements ont engagé des actions de prévention permettant d’améliorer la santé et la sécurité des agents.
Il peut apparaître nécessaire au cours du temps de structurer et relier toutes les actions entreprises dans un programme impliquant l’ensemble des acteurs et au travers duquel pourra s’exercer un véritable management de la prévention des risques professionnels.

Au préalable, il peut être intéressant de réaliser un diagnostic de l’existant d’où découlera une feuille de route qu’il est important de construire dans un esprit de collaboration constructive et de dialogue permanent.

Exemple d’un centre hospitalier de région parisienne accompagné à la suite d’un diagnostic :

       Pourquoi un diagnostic préalable ?

Après plusieurs années passées à mettre en œuvre des actions ponctuelles et parfois dispersées pour répondre à des obligations réglementaires ou apporter des solutions au coup par coup en matière de prévention, il est intéressant de faire un point d’étape, de prendre du recul, de se poser les bonnes questions. C’est l’occasion de réaliser un état des lieux objectifs des actions entreprises et d’aller à la rencontre des différents acteurs concernés.

Le diagnostic réalisé dans ce centre hospitalier a abordé 17 items prédéfinis avec la direction (tels que l’analyse des accidents du travail, la gestion des nouveaux arrivants, la communication…). Des études documentaires et des entretiens collectifs sur le terrain ont permis d’identifier le positionnement de l’établissement par rapport à chacun des items en mettant en évidence points forts et axes de progression. L’idée est bien de chercher à progresser, d’imaginer comment améliorer le système existant.

Quels enseignements pour l’établissement ?

Si le diagnostic a pu mettre en perspective toutes les actions déjà engagées, la direction de l’établissement fut convaincue qui lui manquait de la visibilité et qu’il fallait orchestrer tout ça, raccorder les actions entre elles, dans un programme annuel de prévention. Le diagnostic lui a permis de définir les résultats qu’elle souhaitait atteindre. Parmi les priorités, il a été décidé de travailler notamment sur la structuration de la démarche de prévention et l’engagement de l’encadrement, des axes où une certaine faiblesse avait pu être constatée lors de l’état des lieux.

Ainsi, le diagnostic initialement mené sur le champ de la prévention des risques peut amener à s’interroger sur d’autres domaines, en termes d’organisation notamment.

À l’issue de cette étape, l’établissement est alors au clair sur les priorités qu’il souhaite donner à sa politique de prévention.

Quel type d’accompagnement externe ?

Nous avons défini avec la direction de l’établissement la feuille de route de l’accompagnement. Mon intervention a ensuite consisté en l’animation d’un groupe de travail (composé de membres du CHSCT et du gestionnaire de risques professionnels) chargé de travailler sur les axes de la feuille de route.

De nos travaux collaboratifs ont été élaborés une politique de prévention, un programme annuel de prévention des risques professionnels, et sa procédure de déploiement et de suivi. Des outils construits sur mesure pour cet établissement, en cohérence total avec les résultats du diagnostic.

Le consultant intervient en accompagnement et jamais en remplacement. Il vient aider à structurer, apporter une expertise. Il donne le tempo, met en synergie les compétences.

Pour quels objectifs ?

Le premier objectif était bien sûr que l’établissement se dote d’un programme annuel de prévention cohérent. Le second était de le décliner après des équipes et de faire que l’encadrement se sente impliqué. Nous avons alors travaillé à la sensibilisation des managers en définissant un module de formation spécifique à la prévention des risques intégré au programme de formation global destiné par ailleurs à l’encadrement.

La démarche mobilisatrice et collaborative menée jusque là étant déjà une forme d’implication.

Des facteurs de réussite…

La direction doit impulser la démarche et définir clairement ce qu’elle attend. Des acteurs volontaires qui partagent une vision commune des choses et qui peuvent se dégager du temps pour travailler à la définition et à la structuration de ce type de programme annuel sont également des facteurs clés de réussite. Avec comme objectif que la structure soit en capacité de faire vivre, modifier et redéfinir sa politique et son programme d’action au cours du temps.

Ce retour d’expérience tend à considérer la démarche de prévention comme une démarche structurée, mobilisant l’ensemble des acteurs. On peut alors parler de management de la prévention des risques pour la santé et la sécurité au travail.

Autre enseignement : il est important de s’accorder le temps d’un regard extérieur sur son organisation afin d’être en capacité d’améliorer ses pratiques et de gagner en performance en matière de prévention des risques.

Thèmes associés à l'article :

Lire tous les articles rédigés par Xavier JORON

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Le but de cette question est de vérifier que vous êtes bien humain, et ce, afin de prévenir toute tentative de spam.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.