Les principaux facteurs des risques psychosociaux dans les structures publiques

Rédigé par Julie FOUQUET, Consultante en santé au travail et reclassement
Vendredi 28 Février à 10:23

La question des risques psychosociaux est devenue ces deux dernières années une préoccupation majeure

Le secteur public est aujourd’hui engagé dans des démarches d’optimisation de ses ressources et de ses dépenses qui impactent l’organisation et le travail des agents, à qui une flexibilité et une polyvalence accrues sont demandées.

En effet, les Fonctions publiques territoriale et hospitalière ont connu depuis le début des années 80 de profondes transformations : d’une logique de relations « asymétriques » avec les usagers, on est d’abord passé à une relation de service, puis dans les années 2000 à l’ère de « l’offre de services ». Plusieurs changements organisationnels et managériaux en ont découlé, tels que la mise en place des démarches qualité, l’obtention de certifications, la LOLF (loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances) visant une augmentation de l’efficacité et l’efficience de l’action publique.

Les risques psychosociaux que j’ai pu détecter au cours de mes différentes missions au sein du secteur public, découlent généralement de problèmes de communication, liés d’une part à des difficultés à travailler ensemble, à un manque d’échange autour de la question du travail, ou encore à des organisations trop hiérarchisées qui compliquent les flux communicationnels.

La question de la reconnaissance par le supérieur hiérarchique et par les collègues, mais aussi de la part des usagers, est également centrale. Le regard que porte la société sur les agents territoriaux et hospitaliers n’est pas sans conséquence sur le bien-être au travail. De même, le besoin d’écoute et la prise en compte de son avis par le supérieur hiérarchique demeurent des attentes fortes des agents, particulièrement dans des contextes évolutifs.

Enfin et de manière générale, les changements, qu’ils soient d’ordre organisationnel, relatifs à la carrière ou liés à l’introduction de nouvelles technologies d’information et de communication, s’ils sont réalisés de façon brutale et imposée, engendreront nécessairement des conséquences sur le vécu au travail, voire sur la santé.

Les RPS, une réalité multiforme et complexe

Selon la définition qu’en donne le Ministère du Travail, les risques psychosociaux « recouvrent en réalité des risques professionnels d’origine et de nature variés, qui mettent en jeu l'intégrité physique et la santé mentale des salariés et ont par conséquent un impact sur le bon fonctionnement des organisations ». L’expression « risques psychosociaux » recouvre de fait un ensemble de phénomènes tels que le stress, le harcèlement, l’épuisement professionnel, les conflits au travail... Ils peuvent entraîner des pathologies professionnelles importantes : dépressions, maladies psychosomatiques, problèmes de sommeil, mais aussi générer des troubles musculo-squelettiques, des maladies cardio-vasculaires… et causer des accidents du travail.

Il est en effet important de comprendre que les risques psychosociaux qui touchent à la subjectivité des personnes ne se traduisent pas uniquement à travers la notion de stress (déséquilibre entre la perception qu’une personne à des contraintes que lui imposent son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face). Ils mettent en jeu un ensemble de facteurs et se situent à la frontière entre la dimension individuelle, collective et organisationnelle de l’activité.

Aujourd’hui, nous disposons d’un premier état des lieux des risques psychosociaux au travail en France, réalisé par le collège d’expertise dirigé par Michel Gollac, à travers lequel ces risques sont analysés selon 6 axes :

  • Les exigences de travail : quantité de travail, pression temporelle, complexité, conciliation vie privée / vie au travail
  • La charge émotionnelle : tensions avec public, peur au travail, dissimulation de ses émotions
  • La manque d’autonomie : procédures rigides, imprévisibilité du travail, sous-utilisation des compétences
  • La déficience des rapports sociaux : manque de soutien social et technique du supérieur et des collègues…
  • Les conflits de valeur : faire des choses que l’on désapprouve, perte de sens au travail, qualité empêchée
  • Insécurité de l’emploi et des carrières : travail précaire, pénibilité, manque d’évolution professionnelle

Découvrez la suite dans notre prochain article :  les bonnes pratiques pour engager une démarche de prévention des RPS…

Thèmes associés à l'article :

Lire tous les articles rédigés par Julie FOUQUET

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Le but de cette question est de vérifier que vous êtes bien humain, et ce, afin de prévenir toute tentative de spam.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.