Les vibrations : un risque professionnel à ne pas négliger

Rédigé par Maxime PERROT, Ingénieur hygiène et sécurité
Mercredi 05 Août à 10:21

Les collectivités territoriales peuvent être fortement impactées par le risque de vibrations car de nombreuses activités variées pouvant y être soumises existent dans les services techniques et saisonniers. C’est pour cela que les facteurs de risques de vibrations sont à analyser et à hiérarchiser pour déterminer un plan d’actions. Les risques liés aux vibrations sont en effet plurifactoriels et ont des conséquences multiples. Ils sont d’ailleurs reconnus comme l’un des 10 facteurs de pénibilité au travail.

Les vibrations sont à l’origine de nombreuses pathologies professionnelles telles que les troubles musculo-squelettiques, les déficiences auditives et les maladies cardiovasculaires. D’autres manifestations physiologiques, telles que les troubles digestifs et le mal des transports, sont possibles.

Les deux types de vibrations

Il existe deux types de vibrations : on parle du SCE  (Système Corps Entier), vibrations de basses et moyennes fréquences rencontrées dans la conduite de poids lourds et  d’engins de manutention ou de chantier, et du SMB (Système Main-Bras), vibrations liées à l’utilisation d’outils à mains.
Les vibrations du SCE sont responsables des atteintes de la colonne vertébrale, des troubles digestifs et du mal des transports.
Les vibrations du SMB sont la propagation de l’onde dans les membres supérieurs lors de l’utilisation d’outils vibrants et de chocs exercés par le talon de la main. Le phénomène est amplifié dans des conditions climatiques froides.
Selon l’exposition aux vibrations (SMB ou SCE), l’analyse sera différente.

Comment les mesurer

Techniquement, les vibrations peuvent être mesurées en utilisant un appareil (accéléromètre) fixé au matériel générateur de vibrations. D’autres systèmes, tels que des calculettes ou des référentiels, peuvent permettre de faire une première analyse d’exposition sans passer par des mesures (exemple : « calculette vibration main bras » de l’INRS).

Mettre en place une démarche de prévention adaptée

Avant de se lancer dans une démarche de prévention des vibrations, il faut tout d’abord faire l’inventaire des situations dangereuses. Pour cela, le document unique peut servir de support. Les pathologies et la réglementation étant différentes selon les types de vibrations, il est nécessaire de  bien caractériser les facteurs de risques.
Il est important de connaître le niveau d’intervention à apporter à l’analyse en se posant les questions suivantes : La démarche est-elle préventive ou curative ? Existe-t-il des plaintes liées aux conditions de travail ? Des gênes au poste de travail ont-elles été observées? Des déclarations de maladies professionnelles sont-elles en cours ? Y a-t-il des reconnaissances de maladie professionnelle au sein de la collectivité ?

Afin de s’assurer de sa pertinence et de son efficacité, une démarche de prévention des vibrations peut être menée en mode projet.
La mobilisation des acteurs de la collectivité est une première étape primordiale pour garantir l’adhésion d’un collectif. Ainsi, communiquer sur cette démarche est indispensable.
S’ensuit une phase d’analyse qui consiste à déterminer les facteurs de risques et leurs déterminants (type d’outils, temps d’utilisation…).
Il est alors possible d’établir un plan d’actions structuré de manière à réduire les risques pour la santé des agents et à garantir l’amélioration du quotidien professionnel.
L’élaboration du plan d’actions devra faire l’objet d’un suivi dans le temps afin de vérifier l’efficience des actions mises en œuvre.

Plusieurs enjeux

La réduction des vibrations va contribuer à l’amélioration des conditions de travail en réduisant par exemple le niveau sonore (vibrations acoustiques). À cela s’ajoute une maintenance régulière des outils de travail et le maintien de la santé physique et psychique des agents. Cela s’inscrit dans une notion de durabilité et permet d’anticiper le vieillissement au travail, lié au recul de l’âge des départs en retraite. Le risque de vibrations figure d’ailleurs parmi les 10 facteurs de pénibilité identifiés par la réglementation en la matière : travailler à sa réduction, c’est agir de manière préventive sur l’usure professionnelle du personnel.
Cela participe enfin à la réduction de l’absentéisme au travail pour raison de santé, quelles que soient les caractéristiques des agents (âge, sexe, ancienneté…).

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