Que veut-on mesurer lorsque l'on parle d'absentéisme ?

Rédigé par Fabien JOBINIOT, Chef de projet études statistiques
Lundi 17 Mars à 10:09

Il existe plusieurs types d’absences, celles pour raison de santé (maladie, accident…), les absences pour formation professionnelle, pour motif syndical, pour convenance personnelle, pour garde d’enfant ou encore les absences pour congé annuel ou RTT …

Il convient de définir clairement et précisément le périmètre de ce que l’on veut mesurer et s’y tenir dans le temps si l’on souhaite en apprécier l’évolution.

Le taux d’absentéisme est un indicateur global qui mesure le poids des absences globales sur l’effectif étudié.

Une formule de calcul qui mesure le volume des jours d’absence, rapporté à l’effectif de la structure étudiée au regard du nombre de jours travaillés par les agents, permet une traduction simple du ratio obtenu : ainsi, un taux d’absentéisme de 10 % sur une structure de 100 personnes, caractérise en moyenne, l’absence tout au long de l’année de 10 d’entres elles, soit  un fonctionnement avec un effectif de 90 et non plus de 100.

Un chiffre seul peut-il qualifier l’absentéisme ?

Dans la mesure où tous les agents ne sont pas tous absents, en même temps, ni tout le temps, il semble difficile de s’affranchir totalement des autres dimensions de mesure des absences : la gravité = combien de jours / La fréquence = combien d’arrêts / L’exposition = combien de personnes.

La durée moyenne d’arrêt (nombre de jours / nombre d’arrêts), par exemple, est un bon indicateur de gravité des arrêts. Le nombre d’arrêts rapporté à l’effectif permet de mesurer quant à lui la fréquence. La proportion de personnes absentes illustre l’exposition des agents au risque.

Cette mesure tridimensionnelle permet de qualifier plus précisément les absences : la population étudiée est-elle plus ou moins nombreuse à s’absenter (exposition) ? Plus ou moins souvent (fréquence) ? Et pour des durées d’arrêts (gravité) plus ou moins longues ?

Des facteurs d’absence variables

Un employé de bureau sera de fait moins exposé à l’accident de travail qu’un technicien de terrain. L’utilisation de machines ou de matériels dans des circonstances contraintes (situations de travail en extérieur, aléas climatiques, vibrations…) sont autant de facteurs propices à la survenance d’accidents.

En revanche, tous ces agents courront le même risque de subir un accident de trajet (domicile / travail) que n’importe lequel des autres salariés. Avec cependant quelques différences liées à la situation géographique : un secteur urbain à forte densité expose potentiellement à beaucoup d’accidents à faible gravité. À l’inverse, en secteur rural à plus faible densité, le risque parait moins fréquent mais potentiellement plus grave.

La situation individuelle des agents : statut, type de contrat de travail, emploi précaire ou garanti est également à prendre en compte. Ces éléments permettent dans une large mesure de cartographier les absences. Ainsi, la stabilité de l’emploi sera déterminante dans les phénomènes d’absence au travail. La situation personnelle du salarié, son âge, la composition du foyer comptent aussi pour leur part, dans l’ensemble des réalités qui composent les absences.

Au-delà de la situation individuelle des salariés, l’environnement de travail au sens de l’organisation est un autre facteur à intégrer.

Au sein des structures importantes, où l’organisation permet d’affecter facilement des effectifs de remplacement en fonction des besoins, les études démontrent que les agents s’absentent plus facilement, plus souvent, pour des arrêts de courte durée. À l’inverse, dans les très petites structures, où l’absence créée un manque immédiat non pourvu, les salariés ont tendance à ne pas s’arrêter quitte à produire des arrêts plus longs lorsqu’ils sont trop malades ou fatigués.

L’absentéisme, conséquence d’un ensemble de facteurs

On le voit, les absences se caractérisent par un ensemble de causes qui, mises en synergie, permettent d’en définir les contours.

Ainsi, si le taux d’absentéisme reste certainement un indicateur indispensable pour estimer les absences au travail, il ne peut à lui seul en définir les caractéristiques ni en expliquer les causes.

Quoi qu’il en soit, les absences doivent être mesurées le plus finement possible car si certaines d’entre elles sont non compressibles (maladies liées à des phénomènes épidémiques par exemple), d’autres peuvent très certainement être évitées par, notamment, des actions de prévention adaptées à chaque situation particulière.

L’enjeu est bien celui de garantir les meilleures conditions de travail possibles afin de limiter au maximum le risque d’absence.

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