Les critères de réussite d'un reclassement professionnel en collectivité

Rédigé par Karine GAUTRONNEAU, Responsable du service santé au travail et référente handicap au Centre de Gestion de la Charente-Maritime
Lundi 28 Mai à 17:18

Chaque année, suite à un avis médical rendu par la médecine professionnelle et préventive, des milliers d’agents titulaires de la Fonction publique sont déclarés partiellement ou totalement inaptes à réintégrer leurs fonctions.

Dans de tels cas, les différents textes de loi stipulent clairement que les agents concernés doivent pouvoir bénéficier d’un aménagement de leur poste de travail ou, quand cet aménagement est impossible ou insuffisant, d’un reclassement professionnel.

L’employeur public a l’obligation de prendre en charge ces démarches d’aménagement et de reclassement. Il peut le faire en s’appuyant sur ses propres équipes d’experts (service RH, cellule handicap...) quand il en dispose. Mais pour les plus petites collectivités, souvent moins bien «dotées», elles ont naturellement tendance à se tourner vers leur Centre de Gestion, si celui-ci détient les compétences nécessaires... Le Centre de Gestion intervient alors comme établissement « ressource » sur les plans méthodologique et technique, la collectivité gardant dans tous les cas son statut de coordinatrice des démarches engagées.

Dans le cas du reclassement, un suivi particulièrement rigoureux s’avère indispensable. Après une réunion de lancement organisée à l’initiative de la collectivité et en présence de tous les acteurs concernés (agent, élu référent, médecin de prévention, ergonomes, assistant de prévention...), une véritable conduite de projet doit être mise en oeuvre, avec pour objectif de réintégrer l’agent sur un poste correspondant à ses aptitudes.

Si les handicaps et les situations personnelles des agents sont à chaque fois uniques, notre expérience de ces démarches au sein du Centre de Gestion de Charente Maritime m’a permis  d’identifier quelques critères indispensables à la réussite d’un reclassement.

Premier préalable : il faut que l’agent adhère au projet et qu’il soit mis au coeur du dispositif. Son implication et sa détermination sont en effet primordiales, d’où l’importance de lui expliquer dès le départ ce qui va être fait par lui et pour lui, par qui et comment.

Deuxième « facteur clé de succès » : au-delà de l’agent, la motivation et l’implication de tous les acteurs, à commencer par l’employeur, sont indispensables pour surmonter les obstacles et avancer vers une solution.

Troisième point majeur : il est impératif d’envisager de manière globale la situation de l’agent (aux plans professionnel comme personnel) pour allouer les bonnes ressources et coordonner leur action, au bon moment. Enfin, une gestion de projet très rigoureuse et un cadencement sans faille, avec débriefing à chaque étape clé du projet, en présence de l’agent et des intervenants, est également indispensable pour prendre les bonnes décisions, ajuster l’accompagnement ou passer à l’étape suivante.

Une démarche de reclassement réussie est nécessairement pluridisciplinaire, globale, concertée et méthodique. Et la moindre faille dans cette alchimie (manque de communication, atermoiements, mauvaise organisation...) peut malheureusement compromettre les avancées réalisées sur un dossier, la mise en retraite pour invalidité ou le licenciement ne pouvant parfois être évité.

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